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La France douce

22 février
Jean-Christophe Bollache

"Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t’ai gardée dans mon cœur !"

Charles Trenet n’en reviendrait certainement pas de voir sa douce France devenir forte, le mot "dure" ayant sans doute été jugé trop explicite pour avoir été retenu par les communicants. Ceux-ci ont préféré remplacer "Mon village, au clocher, aux maisons sages" du fou chantant par une mer qui selon certaines sources n’aurait rien de française : elle serait d’origine grecque, ce qui est assez cocasse à défaut d’être cynique. Ce n’est pas faire un mauvais procès que d’énoncer cette vérité tant les premiers éléments de programme qui ont été dévoilés laissent présager d’un durcissement de la loi envers quelques uns, alors que d’autres semblent encore et toujours passer entre les mailles d’un filet qu’on imagine dérivant dans cette mer trop calme pour être honnête.

Je ne participerai pas au déferlement de pastiches plus ou moins réussis qui ont suivi le dévoilement de cette affiche de campagne. Elle n’a d’ailleurs rien à envier au logo de son concurrent qui, sans doute par peur de ne pas être assez "national", en raison d’un patronyme renvoyant à un plat pays, souligne le FR du prénom pour indiquer que ce candidat est bien garanti 100% français. Au cas où certains en douteraient encore !!! Ce procédé graphique agit comme un label, peut être pour se démarquer d’autres candidats "moins français", notamment quand ils ont un accent prononcé ! En l’occurrence, le changement n’est décidément pas forcément pour maintenant…

Étonnant d’ailleurs qu’aucun grand "penseur" féru de lois et de règlements n’ait encore imaginé un cadre plus strict permettant à tous les candidats et toutes les candidates de lutter à armes plus égales. Il est assez fréquent que dans le cadre des appels d’offres auxquels nous participons, les textes voire même l’iconographie nous soient imposés, notre seule intervention "se limitant" au choix de la typographie et à la composition graphique générale.

Imaginons donc un court instant comment de telles contraintes pourraient agir sur la campagne en cours...

HYPOTHÈSE 1 : la plus radicale

Les candidats n’ont le droit qu’à l’utilisation d’une typographie spécifique et d’une couleur identifiante... de quoi se faire déjà une idée du style ou des goûts de chacun (exercice auquel s’est prêté Sébastien) !




HYPOTHÈSE 2 : un peu plus classique

Une iconographie stylisée au traitement identique pour tous permet de découvrir le "vrai" visage de chaque candidat... sur fond plus ou moins approprié !




HYPOTHÈSE 3 : la plus créative

La typographie est imposée, mais un symbole représentatif est autorisé, choisi par un collège d’électeurs triés sur le volet... attention toutefois à la relecture avant l’envoi à l’impression !

Quoi que tout cela puisse vous inspirer, n’oubliez surtout pas d’aller voter !!!

Un billet écrit par Jean-Christophe Bollache et classé dans : Hors piste.

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Candide ou candidat ?

15 février
Jean-Christophe Bollache

On l’espère ou la redoute depuis si longtemps que cette vraie fausse annonce de candidature n’en est plus vraiment une. Tout le monde l’attend, chacun sait mais quelques esprits naïfs, malicieux ou cyniques ont voulu laissé croire qu’il planait encore un doute au sujet du non événement.

Paradoxe, on sait même avant son officialisation qu’elle aura bien lieu : hormis les catastrophes plus ou moins naturelles ou financières (mais n’ont elles pas quelque chose de "naturel") plus rien ne semble pouvoir être gardé secret, chaque décision, chaque réforme, chaque changement, chaque déclaration étant désormais connue avant même qu’ils n’aient été diffusés. Nous disposons dorénavant à cet égard d’une forme de prescience, faisant des médias nos diseuses contemporaines de bonne ou plus souvent de mauvaise aventure. On peut imaginer que c’est à partir d’analyses fines et de fuites bien organisées que tout ce ramdam est rendu possible, mais ne s’agit-il pas plutôt d’un manque totale d’imagination ? Tout est à peu près écrit à l’avance tant notre monde semble irrémédiablement soumis à une seule et même règle édictée par quelques uns et dont il semble aujourd’hui impossible de se défaire. Quelles sont en effet les surprises qui nous ont été réservées ces dernières années, qui parmi nous a été bouleversé dans ses certitudes par tel ou telle ? Hormis quelques petites digressions il n’y a plus aucun suspens, tout est prévu et organisé à la manière d’un scénario bien établi, même si selon notre environnement quelques ajustements sont parfois nécessaires. Même Fukushima aura en la matière peu servi, puisqu’aux dernières nouvelles, l’émotion ayant été dissipée, il n’y a plus ou presque plus de velléité de revoir notre modèle énergétique national.

Ce qui pourrait être véritablement surprenant, voire digne et en tout cas porteur de sens serait de renoncer à la candidature : quel choc, quel impact, quelle trace dans l’histoire contemporaine, quelle audace (enfin), quel démenti à tous ceux qui se gargarisent de savoir, bref quel coup de pied dans la fourmilière qui porte bien son nom tant elle est organisée et structurée malgré les impressions de liberté qu’elle peut parfois donner.

Comme disait un certain Jean-Paul, n’ayons pas peur. Enrichissons nous de l’incertitude, de l’inconnu, et des futurs possibles au détriment de ceux qu’on nous annonce certains. Et puisqu’il faut (?) montrer l’exemple… Je déclare donc solennellement que non, nous ne serons pas candidats !

Je vous sens un peu déçus. Mais diantre, il n’y a pas que la magistrature suprême qui nécessite d’être candidat. Nous renonçons pour notre part à être candides au point de candidater pour une des principales villes françaises qui organise un appel d’offres pour la conception de sa signalétique dans le cadre de son inscription au patrimoine mondial de l’humanité. Cette décision, chers concitoyens n’a pas été prise à la légère, ayant déjà participé à une consultation analogue il y a quelques années et ayant à ce titre une solide connaissance du dossier. Mais nous ne pouvons pas nous résoudre à répondre à un cahier des charges qui, non seulement exige une réponse proche d’un CCTP, c’est à dire totalement finalisée pour permettre la fabrication des mobiliers, mais qui, de surcroit, ne prévoit aucune forme d’indemnité : on frise l’obscénité tant il parait facile à certains maîtres d’ouvrage de demander toujours plus en donnant de moins en moins ou dans ce cas précis, rien. Cela leur est d’autant plus commode qu’il y aura toujours des agences, qui pour de bonnes ou mauvaises raisons, répondront favorablement à ces demandes : que le projet soit ensuite le meilleur qui eut pu être imaginé est une question à laquelle il sera de toute façon difficile de répondre.

Alors candidat, pourquoi pas… Candides, certainement pas !

Un billet écrit par Jean-Christophe Bollache et classé dans : Hors piste.

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En mal d’inspiration...

8 février
Jean-Christophe Bollache

Le manque d’inspiration, est un drame, une calamité, la fameuse page blanche de l’écrivain, la toile virginale du peintre, le tas de glaise du sculpteur, le tout autant pour les projets qui nous sont soumis que pour trouver un sujet pour ce billet hebdomadaire : quelle corvée, parfois !

En cours d’éducation physique il nous était fortement conseillé d’inspirer et d’expirer afin de tenir la distance et de ne pas être stoppés net dans les courses que nous pratiquions avec plus ou moins de bonheur. Combien de fois nous partîmes cinq cents et devant tant d’efforts nous ne parvînmes jamais au port, la ligne d’arrivée !

Il en va de même pour ce qui est de notre activité en tout cas telle que je la ressens, passant tour à tour de l’endurance au sprint. De courte ou de longue haleine, c’est une course où le rythme et la respiration donc, tiennent une place essentielle.

L’inspiration, c’est le moment d’avoir des idées, s’imprégner de ce qui nous entoure, être à l’écoute, savoir regarder, s’oxygéner d’air frais à défaut de celui du temps qui n’est pas toujours le meilleur conseiller.

L’expiration, c’est l’instant pour concrétiser, relâcher notre "gaz carbonique", ce qui ne nous sera pas bénéfique, le superficiel, l’inutile pour ne garder que l’essentiel, celui en tout cas qu’on espère : il est si facile et si tentant de tomber dans la facilité en se laissant aspirer plutôt qu’inspirer justement par les sirènes de la superficialité.

Comme pour la course il faut prendre son temps, ne pas se précipiter au risque de finir avec un point de coté, un blocage et d’être essoufflé dès les premiers mètres, en tête au départ, incapable de terminer la course ou arrivant dans un état misérable. Au risque de perdre il est plus glorieux de la faire avec ses propres convictions que celles que les autres tentent de nous asséner ou qu’ils essaient dans leur course effrénée à la réussite de nous imposer comme modèle.

L’expiration est aussi essentielle que l’inspiration : on a tendance à l’oublier, n’être qu’inspiré revient à ne pas savoir mettre en œuvre les idées toutes aussi géniales puissent elles être. C’est donc une question d’équilibre ou de complémentarité : c’est ici que le travail d’équipe revêt toute sa valeur, l’inspiré doit souvent s’appuyer sur "l’expirateur" qui va comprendre, interpréter et finalement donner forme aux rêves du premier. D’autres fois ce même expirateur est le déclencheur, tel le, ou la modèle qui permet à "l’inspiré" de donner corps à l’œuvre ou, dans une moindre mesure, à l’idée.

On aimerait que nos têtes pensantes, décideurs, banquiers, politiques, etc. soient un peu plus souvent inspirés, et qu’ils oublient pour le coup de trop expirer des idées qui ne méritent pas de l’être : c’est sans doute parce que pour inspirer et expirer correctement il faut songer à aérer et renouveler l’air ambiant qui par nécessité se retrouve rapidement vicié à force d’être ainsi recyclé... Aérez-vous, aérons-nous, il en ressortira toujours quelque chose de bien meilleur ! En ces temps de pré-campagne électorale on ne saurait mieux conseiller à nos candidats de ne pas oublier ces quelques préceptes simples afin qu’ils ne s’essoufflent et ne nous essoufflent pas trop rapidement.

Pliez les genoux, redressez le torse, remontez lentement et surtout, n’oubliez pas, inspirez et expirez, il en va de votre bien être... et de celui des autres.

Un billet écrit par Jean-Christophe Bollache et classé dans : Hors piste.

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Le sens des flèches

31 janvier
Jean-Christophe Bollache

Elle est certainement un des signes les plus anciens, sorte de pictogramme qui était déjà représenté dans les peintures rupestres, mais peut-on donner un sens à une flèche autre que celui qu’elle est sensée indiquer pour nous diriger ?

Alors suivez la flèche...

Il existe une multitude de représentations de ce symbole ô combien présent dans notre vie quotidienne, de plus en plus si l’on considère le nombre croissant de directives auxquelles nous sommes soumis. Car la flèche est avec le sens interdit le signe ultime d’une forme de dirigisme, sa fonction étant de nous conduire dans la bonne (?) direction, imposant par sa seule apparition une forme d’obéissance tacite avec une compréhension quasi universelle sur toute la surface du globe. Logique peut être pour un symbole dont l’origine est de nature guerrière ou au mieux cynégétique (issue de la chasse pour ceux qui l’auraient oublié) et qui impose donc à ceux qui sont visés le plus profond respect !

La flèche réserve bon nombre de surprises à qui veut bien l’observer. Allongée, elle indique clairement un mouvement, une marche à suivre. Plus compacte, elle permet d’être utilisée dans n’importe quelle direction sans contrainte de mise en page mais est déjà plus difficile à déchiffrer. Épaissie, elle ajoute à son aspect autoritaire un caractère ostentatoire, voire bling-bling... Effilée, elle est nettement plus élégante, et de ce fait se fait plus discrète, la rendant moins opérationnelle.

Une flèche a cependant des limites, celle de sa direction : s’il est possible en matière de signalétique d’indiquer tout ce qui est situé devant l’observateur, il est quasiment impensable de mentionner ce qui se trouve derrière lui, à moins de circonvolutions graphiques douteuses. Comme si la flèche ne pouvait se projeter que dans le futur pour ignorer superbement le passé ! Une flèche pointée vers le bas ne signifiera jamais "en arrière toute", mais plutôt "c’est ici", celle qui sera orientée vers le haut, signifiant pourtant "c’est tout droit" et non "par là pour le ciel" ! Les styles de flèches sont multiples tout autant que des bois dont elles pouvaient être faites initialement, mais c’est sans doute ainsi que la flèche prend tout son véritable sens...

En ces temps de période pré-électorale je vous propose un petit quizz à partir d’un jeu de flèches ou plutôt de fléchettes : j’ai tenté d’illustrer nos "grands" mouvements politiques par quelques flèches symboliques de leur programme ou de leur caractère. Piquez-vous au jeu en y mettant bon ordre et ne vous perdez pas trop en chemin !

Et pour finir, en parlant de flèches, certains n’en sont pas vraiment si j’en juge par toux ceux qui n’ont pas apporté leur contribution à la voile de Fécamp ! Allez, on y va, ça ne prend vraiment que queques secondes. Un grand merci à ceux qui ont été déposer leurs nobles figures sur la voile et aux autres qui vont le faire dès aujourd’hui !!!

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Un billet écrit par Jean-Christophe Bollache et classé dans : Hors piste.

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