"Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t’ai gardée dans mon cœur !"
Charles Trenet n’en reviendrait certainement pas de voir sa douce France devenir forte, le mot "dure" ayant sans doute été jugé trop explicite pour avoir été retenu par les communicants. Ceux-ci ont préféré remplacer "Mon village, au clocher, aux maisons sages" du fou chantant par une mer qui selon certaines sources n’aurait rien de française : elle serait d’origine grecque, ce qui est assez cocasse à défaut d’être cynique. Ce n’est pas faire un mauvais procès que d’énoncer cette vérité tant les premiers éléments de programme qui ont été dévoilés laissent présager d’un durcissement de la loi envers quelques uns, alors que d’autres semblent encore et toujours passer entre les mailles d’un filet qu’on imagine dérivant dans cette mer trop calme pour être honnête.
Je ne participerai pas au déferlement de pastiches plus ou moins réussis qui ont suivi le dévoilement de cette affiche de campagne. Elle n’a d’ailleurs rien à envier au logo de son concurrent qui, sans doute par peur de ne pas être assez "national", en raison d’un patronyme renvoyant à un plat pays, souligne le FR du prénom pour indiquer que ce candidat est bien garanti 100% français. Au cas où certains en douteraient encore !!! Ce procédé graphique agit comme un label, peut être pour se démarquer d’autres candidats "moins français", notamment quand ils ont un accent prononcé ! En l’occurrence, le changement n’est décidément pas forcément pour maintenant…
Étonnant d’ailleurs qu’aucun grand "penseur" féru de lois et de règlements n’ait encore imaginé un cadre plus strict permettant à tous les candidats et toutes les candidates de lutter à armes plus égales. Il est assez fréquent que dans le cadre des appels d’offres auxquels nous participons, les textes voire même l’iconographie nous soient imposés, notre seule intervention "se limitant" au choix de la typographie et à la composition graphique générale.
Imaginons donc un court instant comment de telles contraintes pourraient agir sur la campagne en cours...
HYPOTHÈSE 1 : la plus radicale
Les candidats n’ont le droit qu’à l’utilisation d’une typographie spécifique et d’une couleur identifiante... de quoi se faire déjà une idée du style ou des goûts de chacun (exercice auquel s’est prêté Sébastien) !
HYPOTHÈSE 2 : un peu plus classique
Une iconographie stylisée au traitement identique pour tous permet de découvrir le "vrai" visage de chaque candidat... sur fond plus ou moins approprié !
HYPOTHÈSE 3 : la plus créative
La typographie est imposée, mais un symbole représentatif est autorisé, choisi par un collège d’électeurs triés sur le volet... attention toutefois à la relecture avant l’envoi à l’impression !

Quoi que tout cela puisse vous inspirer, n’oubliez surtout pas d’aller voter !!!
